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Composés du cannabis, terpènes, terpénoïdes et cannabinoïdes

Une évidence pour tous ceux qui ont déjà expérimenté la myriade d’arômes et de parfums que possèdent les diverses variétés de cannabis, c’est qu’elle Cannabis recèlent une incroyable diversité de composés aromatiques.

On distingue deux grandes catégories parmi ces molécules, celle des terpènes et des terpénoïdes. Dans les deux cas, c’est ce que l’on appelle des hydrocarbures organiques aromatiques, autrement dit, ce sont des molécules volatiles composées d’atomes de Carbone et d’Hydrogène. La différence entre les terpènes et les terpénoïdes est que ces derniers contiennent d’autres atomes en plus tel que de l’Oxygène ou d’autre groupes fonctionnels chimique. Parmi les terpénoïdes les plus connus on retrouve le menthol ou le citral, notons aussi au passage que les cannabinoïdes (THC, CBD, CBG…) en font partie.

On peut souvent voir les termes, terpènes et terpénoïdes être utilisés de manière plus ou moins interchangeable lorsque l’on parle des propriétés et/ou des arômes des molécules aromatiques dans une plante. Ce qu’il faut simplement retenir de tout ça, c’est que toutes les molécules aromatiques ne sont pas des terpènes, bien qu’on voie souvent des terpénoïdes ou d’autres molécules être rassemblées sous cette appellation et inversement.

Les plantes riches en terpènes et terpénoïdes sont utilisées depuis longtemps pour leurs qualités aromatiques et sont omniprésentes dans les médecines traditionnelles à travers le monde. C’est pourquoi elles et plus précisément les molécules qu’elles contiennent font aujourd’hui l’objet de recherches scientifiques qui cherchent à découvrir et démontrer de potentiels effets bénéfiques. Il existe déjà quelques pistes prometteuses, on peut citer en exemple de potentiels effets antibactériens ou antinéoplasiques (qui empêche ou limite la division cellulaire des cellules cancéreuses), bien que pour le moment il n’existe quasiment aucune études in-vivo (c’est-à-dire sur des individus vivants) et donc que les résultats que l’on possède jusqu’à maintenant sont de bonnes pistes, mais pas des preuves suffisantes pour arriver à un quelconque consensus.

Que sont les terpènes et où les trouver ?

Comme expliqué plus haut, les terpènes sont des molécules organiques appartenant à la classe des hydrocarbures (composé uniquement d’hydrogène et de carbone) que l’on retrouve dans la composition chimique de nombreux végétaux, ainsi que celle de certains insectes et champignons.

Ce sont des composés très volatils et odorant qui sont la composante principale de l’arôme des plantes. Il en existe à ce jour plus de 20’000 répertoriées dont plus de 200 ont été détectés dans le cannabis. Toutefois, ceux que l’on retrouve majoritairement et le plus souvent dans les plus grandes proportions sont : le Myrcène, Pinène, Limonène, Bêta-Caryophyllène, Linalol, Humulène, Terpinéol, Nérolidol, Delta-3-carène et Eucalyptol.

Les terpènes (et les cannabinoïdes aussi) sont produits dans ce que l’on appelle les trichomes de la plante de cannabis, plus précisément, les trichomes glandulaires. Ce sont des excroissances épidermiques (à la surface de l’épiderme), qui recouvrent principalement les parties florales, ainsi qu’une partie des feuilles (voir image ci-dessous).

Fleur de cannabis recouverte de trichomes à sa surface

Rôle des terpènes dans la plante

Les terpènes, ainsi que les cannabinoïdes sont ce qu’on appelle des métabolites secondaires des plantes. Cela signifie qu’ils ne participent pas, par opposition aux métabolites primaires, aux fonctions essentielles de la plante et donc que leur absence n’implique pas la mort pour l’organisme qui les synthétise. Pourtant, nous allons voir qu’elles possèdent tout de même plusieurs rôles utiles à la plante.

En plus d’être en grande partie responsable de l’arôme des plantes, les terpènes jouent aussi des rôles moins connus à travers un phénomène que l’on nomme l’allélopathie. L’allélopathie, c’est la capacité d’un organisme à influencer positivement ou négativement la germination, croissance survie ou reproduction d’autres organismes par la production d’une ou plusieurs substances biochimiques. Autrement dit : avec les terpènes la plante de cannabis peut influencer d’autres plantes, insectes, champignons, bactéries etc.

Au niveau microbiologique, ils protègent donc contre les bactéries et les champignons pathogènes susceptibles de s’attaquer à la plante. Ils permettent aussi de repousser certains insectes prédateurs et d’en attirer d’autres qui sont soit des pollinisateurs naturels et/ou des disséminateurs de graines ou encore des prédateurs ou parasites de leurs propres prédateurs (par exemple des coccinelles qui viendront se nourrir des pucerons ou des micro-guêpes qui viendraient les parasiter).

Les terpènes servent aussi de régulateur face aux fluctuations de l’environnement, principalement la température et tout particulièrement le gel. Finalement ils servent de précurseurs, sorte de bloc de construction chimique, lors de la synthèse de nombreuses molécules complexes, telles que certains cannabinoïdes, hormones, pigments et même la vitamine A.

Principaux terpènes du cannabis

Myrcène

Le myrcène se retrouve chez de nombreuses espèces de végétaux, on le trouve entre autres dans le houblon (Humulus lupulus), le laurier (Laurus nobilis), le gingembre (Zingiber officinale) ou encore l’ylang-ylang (Cananga odorata). C’est le terpène le plus abondant dans les plantes de cannabis. C’est d’ailleurs là qu’on y trouve les concentrations connues les plus importante de tout le règne végétal où certaines variétés peuvent atteindre 65% des terpènes totaux. Il possède un parfum terreux ou herbeux avec des notes musquées proches du clou de girofle. Son arôme fruité rappelle les agrumes et la mangue.

Pinène

Le pinène est une molécule qui possède deux isomères, c’est-à-dire deux formes avec les mêmes atomes, mais qui ne sont pas organisés à l’identique dans l’espace. Ces deux formes sont respectivement l’α-pinène et le β-pinène. On les retrouve dans l’écorce, les aiguilles et la résine de pins (Pinus spp) en grande quantité, mais aussi dans de nombreux autres conifères. On en trouve aussi dans la plupart des variétés de sauge (Salvia spp), le basilic (Ocimum basilicum), le persil (Petroselinum crispum), le romarin (Salvia rosmarinus), l’écorce d’agrume, la grande armoise (Artemisia tridentata), le camphrier (Cinnamomum camphora), ainsi que dans la résine du térébinthe, ou arbre a térébenthine (Pistacia terebinthus). Son parfum de pin et d’herbe fraîche rappelle celui d’une forêt de conifères. Il est d’ailleurs très utilisé pour parfumer les produits de nettoyage. Son arôme se rapproche de celui du thym (thymus spp), du romarin (Salvia rosmarinus) et de la sarriette (Satureja hortensis).

Limonène

Le limonène est un terpène monocyclique qui possède lui aussi deux formes isomérique, le D-limonène et le L-limonène. Le D-limonène est le plus répandu des deux dans la nature, il est synthétisé en large quantité dans les agrumes, particulièrement dans leur écorce. On le retrouve aussi dans le genévrier ou encore le romarin (Salvia rosmarinus). Il est utilisé dans l’industrie agro-alimentaire comme arôme et pour son parfum orangé/citronné dans des produits d’entretiens. Le L-limonène, plus rare, se trouve dans la résine des conifères, particulièrement ceux du genre Pinus (Pinus spp) et dans plusieurs variétés de menthes (Mentha spp). Le L-limonène est très proche du pinène en termes d’odeur et d’arôme, tandis ce que le D-limonène possède le parfum et l’arôme caractéristique des agrumes.

Bêta-Caryophyllène

On trouve le β-caryophyllène dans le poivre noir (Piper nigrum), les feuilles de cannelle (Cinnamomum verum), le clou de girofle (Syzygium aromaticum), le basilic thaïlandais (Ocimum basilicum var. thyrsiflora), l’origan (Origanum vulgare) ou encore la lavande (Lavandula spp). Son parfum possède une teinte boisée et son arôme épicé, rappelle celui du poivre ou de la cannelle.

Linalol

Le linalol se trouve lui aussi sous deux formes distinctes R-linalol et S-linalol qui sont ses deux énantiomères ou stéréoisomères. On le trouve le premier en grande proportion dans la lavande, mais aussi dans le laurier et le basilic. Le second se trouve plutôt dans la coriandre (Coriandrum sativum), la citronnelle (Cymbopogon citratus) et les oranges (Citrus sinensis). Le R-linalol possède un parfum proche de la lavande et un goût floral, doux presque sucré, alors que le S-linalol, qui lui aussi se rapproche de la lavande, est plus épicé.

Humulène

L’humulène est un terpène bien connu des amateurs de bière. En effet on le retrouve dans la fleur de houblon (Humulus lupulus) et il est en partie responsable de l’arôme (houblonné) de la bière. On le trouve aussi dans plusieurs variétés de sauge (Salvia spp), le clou de girofle (Syzygium aromaticum), le poivre noir (Piper nigrum) et la coriandre (Coriandrum sativum). Son parfum est terreux et boisé et il possède un arôme intense, épicé avec de petites notes de citron.

Terpinéol

Le terpinéol possède quatre isomères, que sont respectivement l’α-, β-, γ-terpinéol et le terpinène-4-ol. On les retrouve en proportions variables dans la cardamome (Elettaria spp et Amomum spp), la calotte barbelée (Scutellaria barbata), les feuilles et jeunes branches de bigaradier (oranges amères) (Citrus aurantium) et dans certains conifères. L’α-terpinéol possède un parfum et un arôme de lilas, c’est un des arômes principaux du thé lapsang souchong qui est fumé en utilisant du bois de pins ce qui lui donne ce fumet particulier. Le β-terpinéol et le terpinène-4-ol possèdent tous deux une odeur plutôt boisée et terreuse avec des notes musquées et un arôme subtil qui évoque le clou de girofle. Malheureusement il n’existe pas ou très peu d’information concernant le γ-terpinéol.

Nérolidol

Le nérolidol possède deux isomère, le trans- et cis-nérolidol. On va se concentrer ici sur le trans-nérolidol qui est le plus abondant dans le Cannabis. On le trouve principalement dans les fleurs de jasmin (Jasminum officinale), la citronnelle (Cymbopogon citratus), la dame de la nuit (Brassavola nodosa) et les feuilles de l’arbre à thé (Melaleuca spp). Son parfum rappelle celui des roses, du citron et de la pomme. Son arôme est fruité, floral et légèrement boisé.

Delta-3-carène

Le delta-3-carène est un des terpènes principaux constituant de la térébenthine qui peut en contenir jusqu’à 40%. On trouve le delta-3-carène à l’état naturel dans le poivron (Capsicum annuum), le basilic (Ocimum basilicum), le romarin (Salvia rosmarinus), le poivre noir (Piper nigrum), les pins (Pinus spp.), sapins (Abies spp.) et les cèdres (Cedrus spp.). Il possède un arôme plutôt doux et sucré et son parfum rappelle celui du cèdre, la terre humide et les aiguilles de pins.

Eucalyptol

L’eucalyptol, aussi appelé cinéol est le terpène le plus abondant que l’on retrouve, comme son nom l’indique, dans les plantes du genre eucalyptus (Eucalyptus spp). On le retrouve aussi entre autres dans l’absinthe (Artemisia absinthium), le camphrier (Cinnamomum camphora) ou encore la Tanaisie commune (Tanacetum vulgare). Il possède un parfum frais et un arôme mentholé caractéristique de la plante dont il est originaire.

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